CHELLES BATTLE PRO EDITION 2004

Chelles Battle Pro édition 2004


Cette année, le Chelles Battle Pro s’est déroulé le 06 Mars 2004 et a pris une dimension internationale. En effet, cette quatrième édition du Battle de Chelles avait prévu d’accueillir des danseurs venant de toute la France mais aussi des bboys en provenance d’Espagne, de Belgique et des Etats-Unis. Le concept de cette seconde édition Pro est resté le même que celui de l’année précédente, à savoir deux catégories : le 2vs2 et le 8vs8.





Les équipes inscrites étaient les suivantes :

Pour la catégorie 2vs2 :


- Nono et Boss-K (Vagabonds)
- Junior et Bruce (Wanted/Rencontre du 3ème style)
- Manh et Abass (Division Alpha)
- Extremo et Kadoer (Barcelona Addictos)
- Lil Worm et Bboy Tutu ( New Team)
- Mounir et Morad
- Bboy San et François (Black Blanc Beur)
- Dave et Luffy

A noter, l’absence de Lil Worm et Bboy Tutu, et la participation de Mehdi et Babyson (Wanted)

Pour la catégorie 8vs8 , les crews inscrits étaient :


- Pokemon (Lyon, vainqueur du boty 2003)
- Fantastik Armada (Meaux)
- Phase T (Chelles)
- Légiteam Obstruxion (Paris/Caen)
- Team Leust (Badland)
- Dream Team du Nord de la France et Belgique
- Bboyworld USA dream team ( Etats-Unis)
- Allianz

A noter :
- Pour Pokemon, l’absence d’éléments majeurs (Rodolphe, Brahim, Lancelot)
- Pour Fantastik Armada, une équipe légèrement remaniée avec notamment la présence de Valentine, Mathieu (Fantastik Armada Junior), et des absences : By, Rodrigue…
- En ce qui concerne la Dream Team du nord de la France et Belgique, il semblerait que les danseurs belges n’aient pas pu venir participer.

Pour permettre aux danseurs d’exprimer leur talent sur scène, étaient invités Billy Brown aussi connu sous le nom de DJ Ben, réputé pour avoir mixé dans de grands événements européens, et DJ Tal.
Et pour animer le battle ainsi que pour mettre l’ambiance, l’organisation a fait appel à Nasty, dans le rôle du maître de cérémonie ; rôle qui, au fil de ses prestations (Massy, Lognes, Brétigny, Juste Debout…), semble être fait pour lui.
Enfin, pour départager les concurrents, trois juges ont été désignés, à savoir Gabin (Aktuel Force), Benji (Division Alpha) et Lamine.

Toutes les conditions étaient donc réunies pour faire de ce battle un grand événement, et on assista au tirage au sort des battles 2vs2 dans un premier temps, puis à celui des 8vs8.

Le tirage au sort fût donc le suivant :

Battle 2vs2 :
- Nono et Boss K (Vagabonds) contre Mounir et Morad
- Sorya (Wanted) et Mehdi contre Extremo et Kadoer ( Barcelona Addictos)
- Bboy San et François contre Manh et Abass (Division Alpha)
- Dave et Luffy contre Junior et Bruce (Wanted/ Rencontre du 3ème Style)

Le premier battle opposait donc deux membres de Vagabonds à Mounir et Morad. Cette confrontation offrit aux spectateurs un bon battle, et un avant goût de ce qui s’annonçait comme une compétition de haut niveau. On assista à un beau battle, avec notamment une combinaison originale pour Mounir et Morad dès le premier passage. Cependant, la technique et la présence du duo Nono/K-mel fit pencher la décision des juges en leur faveur. Vainqueurs : Nono / Boss K.
Vint ensuite le battle entre Sorya (alias babyson, Wanted) et Mehdi contre les espagnols Extremo et Kadoer tous les deux faisant partie des Barcelona Addictos. Le duo espagnol, ayant fait preuve de plus d’aisance et de présence, passèrent logiquement au tour suivant.

Le troisième battle 2vs2 opposa bboy San et François à deux membres de la DA, à savoir Manh et Abass. Comme pour les battles précédents, on put assister à une belle prestation de la part des participants. Et comme à son habitude, Abass fit forte impression avec de beaux passages de pass-pass rapides et fluides, terminés par une remontée. Manh sortit des séries carrées et répondit à la fin aux acrobaties de Bboysan et François lors de leur seconde combinaison. Le jury désigna Abass et Manh vainqueurs.

Le dernier quart de finale opposa donc Bruce et Junior, vainqueurs l’an dernier, au duo Luffy - Dave. Ce battle fut dans la continuité des 3 autres, c'est-à-dire avec du haut niveau. On assista à de beaux passages de part et d’autre, mais comme a son habitude, Junior mit la pression avec sa force, sa technique ainsi que sa musicalité. Ainsi le vainqueur du boty 2001 et celui que certains n’hésitent pas à appeler le magicien des pass pass, se qualifièrent pour les demi-finales.

La première demi finale, opposa donc Nono et Boss-K au tandem espagnol. Apres un début plutôt équilibré, le battle pencha du coté des Addictos. Lors de ce battle, le public retiendra sûrement le nineteen ninety 6 tours d’Extremo auquel Nono répondit par un ninety nineteen freeze 3 tours. Apres le nombre réglementaire de passages, le jury décida, à la surprise de certains, de demander un passage de chaque coté afin de départager les concurrents. Finalement, Kadoer et Extremo furent désignés vainqueurs.

Lors de l’autre demi finale , on retrouva donc Abass et Manh contre Junior et bruce. Certains voyaient dans cette demi finale un battle dans le battle, à savoir un duel de passeur : Bruce contre Abass. On assista à un beau battle, mais on regrettera cependant le manque de nouveautés de la part de Rennais, ce qui toutes fois, ne les empêcha pas de se qualifier pour la finale.
Ainsi, on retrouva en finale du 2vs2, le duo Junior/Bruce, comme pour l’édition précédente de cet événement, opposé à Extremo et Kadoer. Pour les espagnols, cette finale était l’occasion pour eux de prouver leur réel niveau. En effet leurs précédentes prestations, en groupe, dans les battles hors d’Espagne (BOTY, Battle de Massy…) semblent bien loin de leur véritable potentiel. Pour commencer les hostilités, c’est junior qui rentra en premier, avec un passage de phase ( coupole, nineteen-ninety, coupole, headspin, couronne, vrille coude, cercle…), mais Kadoer fut assez impressionnant avec des passages basés sur la force et l’équilibre. Bruce, par contre sembla moins rapide et moins vif que d’habitude, la magie habituelle qu’on lui connaît semblait être atténuée. En revanche, Extremo était dans une grand jour, et tout ce qui voulait faire semblait passer...
Le verdict des juges fut donc sans surprise, et désigna Extremo et Kadoer vainqueurs du 2vs2 pour la seconde édition « pro » du battle de Chelles

Avant que ne commence le tirage au sort des quart de finale pour les battles en groupe, le public eu le droit à une petite entracte. Ce fut à ce moment, que Youval pris le micro pour faire l’annonce de son événement ayant lieu à la Défense. Mais à la surprise générale, une fois la promotion du 1000% underground faite, Youval demanda Ronnie !! En effet, devant un gymnase plein à craquer, le leader de la Division Alpha annonçait que Benji voulait défier Ronnie des Full Force. Surpris, celui-ci refusa dans un premier temps, mais Youval, avec l’appui du public, finit par convaincre l’américain d’accepter le défi, bien que ce dernier soit censé participé avec la Team USA. La « surprise » de Youval était donc cette « revanche », et l’annonce du battle underground le 4 Avril à la Défense entre Benji et Ronnie n’était donc qu’une ruse pour faire baisser la vigilance du danseur des Full Force.

Une fois l’excitation générale retombée dans le gymnase, le battle commença et c’est Benji qui ouvrit logiquement le bal. Le battle se fit en 5 passages, et le danseur de la Division Alpha ouvrit les hostilités. Transformé physiquement, celui-ci avait l’air plus lent dans l’exécution de ses mouvements, mais la technique était toujours là. De son coté Ronnie montra qu’il était aussi bien à l’aise en acrobatie, qu’au sol. Finalement, on laissa au public se faire sa propre opinion sur l’issue du battle.



Battle 8vs8 :

Lors du tirage au sort des 8vs8, la tension était presque palpable chez les danseurs. En effet, on allait connaître l’équipe qui tomberait contre les favoris, à savoir la Bboyworld USA Team, dès les quarts de finale… Un premier nom sort : TEAM LEUST, puis un deuxième : l’équipe américaine. Ainsi, le premier battle opposait donc Team Leust au crew outre atlantique.
Pour le second battle, le hasard désigna la « Dream team du nord » contre Légiteam Obstruxion.
Pour le troisième quart de finale, on eu droit à Fantastik Armada contre Pokémon, et enfin le dernier battle opposa Alliance à Phase T.
Team Leust – USA Team : certainement l’un des meilleurs battle de la soirée sinon le meilleurs aux dires de certains. Face à une « dream team » américaine, c’est sans complexe ni timidité que les Team Leust, à l’image de Taton, ont dansé contre Omar, Ronnie, Ben, Speedy, Machine, Worms, et compagnie. Le battle fut très serré, et Team Leust aurait très bien pu passer au tour suivant, mais les juges en décidèrent autrement, sans pour autant faire une injustice.

Le second quart de finale, opposa la « Dream Team du Nord » à Légiteam Obstruxion. Face à une équipe montée pour l’occasion, les LO s’imposèrent sans trop de difficultés.

Sur papier, le troisième quart de finale était la deuxième affiche de ce premier tour, mais l’absence de part et d’autres d’éléments majeurs, aurait pu rendre le battle moins intéressant. Ce ne fut pas la cas, et Fantastik Armada fit un bon battle avec un Mathias musical comme à son habitude, mais on retiendra surtout la première participation de Valentine avec son nouveau groupe. Pokemon, par contre semblaient transparents, et mis à part deux ou trois combinaisons, le niveau des danseurs lyonnais semblait bien loin de ce qu’il aurait pu être. Fantastik Armada fut donc logiquement désigné vainqueur du battle.



Et pour conclure ce premier tour, on assista à un battle entre le crew dansant à domicile, à savoir Phase T, contre Alliance. Rarement un groupe aura aussi bien porté son nom, en effet, Alliance regroupait des danseurs venant d’un peu partout en France, mais après tout, l’union faisant la force… Ce battle fut assez serré, et le niveau relativement élevé, on retiendra pour Alliance, d’avantage la performance individuelle, et pour Phase T, la complicité, et l’esprit de groupe. On assista donc à de bonnes combinaisons de la part de Phase T, et à de beaux passages du coté de Alliance. La tache du jury n’était donc pas facile mais en fin de compte, Phase T se qualifia pour les demi finales.


La première demi finale opposa Legiteam Obstruxion à la bboyworld usa team. On regrettera le manque de présence, et le manque d’assurance de la part des danseurs de LO, peut être intimidés par cette dream team américaine. Vainqueurs : bboyworld usa team.

L’autre demi finale ressemblait à l’épisode d’une série sans fin. Pour ceux qui ne le saurait pas encore, cette confrontation entre Phase T et Fantastik Armada était peut être la 10ème opposition entre ces deux groupes. On eut droit à un beau spectacle, avec de très beaux passages des deux cotés. Le public eut l’occasion, entre autre, de voir la progression du jeune Lil’ Kev (Phase T), une belle prestation de la part de Yves (FA) et son nineteen coude. Mais il fallait un vainqueur, et ce fut Phase T.


Ainsi, la finale de l’édition 2004 du Chelles Battle Pro opposa donc Phase T à la Bboyworld USA Team. L’atmosphère était électrique avec d’un coté Phase T, dansant chez eux, et de l’autre, la team USA désireuse de prouver que la meilleure nation était la leur. Le battle dura assez longtemps (plus de 20minutes). Et Bien que Omar fut moins impressionnant qu’à son habitude, Ben, Speedy et Machine assurèrent le niveau. En revanche, pour Phase T, les performances étaient mitigées, avec du bon et du moins bon. Dommage car cette finale était à leur portée.
Vainqueurs : Bboyworld USA Team.







De ce battle, on retiendra les points suivants :

- Un très bon niveau général, et un bon esprit.
- Une organisation qui s’est montrée à la hauteur de l’événement avec un service de sécurité efficace, un système des navettes entre le gymnase et la gare, et tout ce qui avait été annoncé sur l’affiche, les flyers et le site a été tenu. L’espace réservé aux danseurs était relativement grand, mais peut être un peu sombre.
- Le prix : 12€, convenable par rapport à tout ce qui était proposé.

Donc dans l’ensemble, ce fut un bon battle, et la plupart en sont repartis satisfaits. Seul point noir : un confort moyen pour le public du au fait qu’il y avait peut être trop de monde.

# Posté le mardi 20 juillet 2004 15:44

cradle

cradle
bien trouver vou ne croyez pa?bon laisse des com...s

# Posté le mercredi 14 juillet 2004 08:12

backspin

backspin
un gif ki vous persente un BACKSPIN

# Posté le mercredi 14 juillet 2004 08:08

Zulu nation

Zulu nation
Traduction d’un extrait de la « convention » de la Zulu Nation, crée par Bambaataa au cours des années 1970.
Il faut rechercher la Connaissance, connaître c’est savoir, et c’est le fondement de toutes les choses de l’existence. La Connaissance est infinie. La Connaissance c’est se connaître soi-même et connaître les autres. La Connaissance c’est connaître ce qui nous entoure, l’environnement, la nature de la vie et de la mort, les animaux, le système solaire, l’univers, le passé, le présent et le futur. La Connaissance c’est connaître l’Être Suprême.
Il faut avoir de la Sagesse: la Sagesse est la manifestation de la Connaissance, les manières et actions de quelqu’un pour partager sa Connaissance. Pour être Sage, il faut choisir le bon chemin, savoir différencier le Bon du Mauvais et enseigner aux autres la sagesse et les mettre dans la bonne direction.
La Compréhension: il faut avoir et acquérir la Compréhension. Comprendre c’est dessiner une image dans son esprit pour voir les choses clairement avec le troisième œil, l’esprit, afin absorber ce qu’on acquiert avec la connaissance et l’analyser pour que tout le monde le comprenne.
Avec ces 3 éléments de la vie, nous devons construire un monde meilleur, enseigner aux jeunes et aux personnes âgées, (…) et mettre l’esprit Humain sur le bon chemin et se débarrasser des mentalités racistes.(…)
Nous les Zulus de la Universal Zulu Nation devons toujours montrer du respect à ceux qui nous donnent du respect et devons toujours rester disciplinés, mais toujours en éveil, regardant, observant avec notre 3e oeil, l’esprit et toujours écouter et analyser.
A l’heure actuelle, tout les habitants de la planète appelée Terre devraient étudier et discuter entre eux pour essayer de comprendre les différentes cultures et modes de vie, et ne pas se servir des autres pour obtenir quelque chose. Nous devons connaître l’histoire des Noirs, Blancs, Jaunes et Rouges, la vraie Histoire et non celle qui est déformée.(…)
Bons ou mauvais, guérissons les blessures et marchons vers un futur glorieux, et non pas un futur de mort et de destruction.
AFRIKA BAMBAATAA
THE RENEGADE OF FUNK
(TAKING FROM THE 12INCH VINYL(LP) "BAMBAATAA'S THEME'' BY AFRIKA BAMBAATAA AND FAMILY IN THE YEAR OF 1986 ON TOMMY BOY RECORDS)

# Posté le mardi 29 juin 2004 12:16

Le hip hop est une culture de l'esprit.

Le hip hop est une culture de l'esprit.
Le plus bel exemple en la matière est le fait que KRS-1, pour mieux se consacrer à sa passion, a repris des études de philosophie.
Pourtant, beaucoup d’amateurs de rap ne comprennent pas cette valeur de l’intellect. Ils semblent ne pas écouter.Pour citer Little Brother : « they ain’t listening, they’re thinking ‘bout their Timberlands », c’est-à-dire que pour certains, le style dépasse la valeur de la chanson, de l’artiste. C’est exactement ce qui se passe de plus en plus, le rap devient « à la mode », on s’habille Hip Hop, on parle Hip Hop, on écoute du rap, mais on ne sait pas ce que c’est, on ne le comprend pas. C’est stupide, et c’est la loi de la sphère de consommation.
La plupart des jeunes d’aujourd’hui qui écoutent cette musique ou vivent avec cette culture ne savent même pas d’où elle vient, quels sont ses fondements, qui sont ses pionniers. La connaissance de ces faits est pourtant nécessaire à la compréhension de sa nature. Il est important de faire changer les gens d’avis, de les ouvrir aux différentes cultures et d’en montrer les aspects positifs. Un message aussi beau, instruit et sensé mérite réellement une plus grande attention de la part des gens. C’est pourquoi il faut discuter, partager ces connaissances, organiser des rencontres Hip Hop et des journées pour la solidarité… Une possibilité serait de créer un « Temple du HH » dans l’esprit de celui fondé aux États-Unis par KRS-ONE réunissant les acteurs des éléments fondamentaux, dans le but de promouvoir, protéger, célébrer et préserver le hip hop pour garantir sa crédibilité, avec des actions telles que des manifestations, des lectures, l’apprentissage des éléments et le partage des connaissances. Un tel rassemblement pourrait contribuer à la décriminalisation de l’image et aider des gens à se retrouver dans une organisation pacifique et cultivée, en accord avec les idées du « Temple of Hip Hop ».
Dans le monde d’aujourd’hui, le phénomène du manque d’éducation et d’ouverture d’esprit est un problème prenant de plus en plus d’ampleur. Les jeunes des cités sont souvent élevés dans une tradition de regroupement racial et d’un manque de respect pour certaines catégories de personne, suivant son sexe, son âge, ou son origine. C’est tellement dommage de voir une génération se détruire ainsi et perdre des valeurs nécessaires à la survie d’une conscience morale. Mais finalement qu’est ce qu’on peut y faire? La réponse de Christopher Parker a.k.a Krs One : EDUQUONS LES FOULES! La connaissance est la base pour comprendre le monde qui nous entoure, pour connaître l’Histoire et l’histoire de tous les groupes raciaux. A partir de la connaissance on peut se faire sa propre idée et devenir indépendant de l’opinion du plus fort, ce qui arrive habituellement. La culture est nécessaire pour connaître son prochain, et surtout pour se connaître soi-même.
J’ai entendu des gens dire « le Hip Hop part en couille aujourd’hui ». A ça je réponds non, le Hip Hop va très bien. Il est vrai qu’on ne peut pas nier le fait qu’il n’a plus la même popularité que dans les années Zulu. Aujourd’hui, il n’existe plus qu’au niveau du underground. Mais la limite ne veut pas dire la mort : il perdure et garde le même message de positivité, s’adressant à un public plus restreint, mais toujours exalté et passionné. Des artistes tels que Capital D, Brother Ali, Jean Grae, ou encore Pumpkinhead en sont la preuve. En plus du talent de MC, ces rappeurs nous offrent un regard personnel, intelligent et réaliste sur des sujets tels que la société, la religion, et réfléchissent sur leurs propres expériences.
La vision presque utopique initiée par Bambaataa dès les années 1970 disparaît de plus en plus, écrasée par l’apologie de la violence, le culte de l’argent…Pourtant je pense qu’elle n’est pas morte. Le vrai Hip Hop est toujours compris et interprété par des gens talentueux qui n’ont pas été aveuglés par le strass et les paillettes ; il est dans l’esprit des vrais passionnés et connaisseurs , de tout ceux qui s’investissent pour mieux le vivre, et il est loin de partir en couille. Le rap c’est de la musique mais en même temps tellement plus que ça : il y a bien sur le message, le beat, l’instru, mais c’est tellement pertinent que ça en devient une culture, des valeurs, du génie, et j’en passe.
Le business-gansta-rap est contradictoire avec toutes les valeurs prônées par le Hip Hop, il est difficile de dissocier les deux, mais il est impossible de les comparer. Ce type de musique s’est crée lui-même une culture qui est celle de l’argent, de l’individualité, et de l’hédonisme. Le paradoxe, c’est que ce phénomène correspond à une résistance à la machine commerciale. En fait, ces textes pleins de violence et misogynie peuvent être interprétés ( à l’origine) comme un bras d’honneur au commerce de masse. Mais les marketeurs ont relevé le défi, et cette musique est finalement devenue un gros business. Des artistes comme Eminem ou Nelly dépassent les records de vente, gagnant les prix du public (Grammy et autres). on ne peut pas blâmer les gens pour leur volonté de devenir connus et gagner de l’argent, mais si cela doit passer par l’exaltation de valeurs immorales et l’apologie de la violence, des armes et du sexe, ce n’est pas acceptable. On peut donc compartimenter les différentes faces du Hip Hop non pas en commercial/underground, mais en terme de valeur morale du message transmis.
Évidemment tout n’est pas blanc ou noir, le hip hop underground n’est pas en reste côté techniques marketing. La marque Sprite a investi ce monde dans le but de s’associer à une culture, un style de vie à la mode chez la cible marketing : le jeune. La pénétration qu’ils ont eue sur le marché a eu pour conséquence l’adoption de la bouteille Sprite comme objet tendance, non seulement chez la cible, mais également dans le monde du rap avec en prime une publicité par KRS-ONE. Et oui, le gourou anti-commercial lui-même a rappé dans une publicité évidemment diffusée sur MTV; argument largement repris par Nelly dans le duel qui les oppose actuellement. Alors quoi? Peut on s’imposer sauveur de l’underground en tournant dans des pubs pour Sprite? Pour ma part je mets cet écart sur le compte d’une erreur de parcours, mais la crédibilité du personnage est tout de même altérée.
Shabaam Sahdeeq compare, dans sa chanson “I still love her”, le Hip Hop est à une bibliothèque : il y en a pour tout les goûts. Evidemment, comme tous les arts, il s’est développé différemment selon les pays et les sociétés. On trouve du « indépendant », du « underground », du « commercial » etc. mais ces modèles ont tous la même base et le même fondement. La « culture » du business-rap est forcément un dérivé de celle du Hip Hop, mais elle est devenue indépendante, et par conséquent, n’a plus grand chose à voir avec les idées premières des pionniers du rap.
Alors non, le Hip Hop ne part pas en couille ; pour qui sait l’écouter, il a toujours une réflexion et une intelligence ; et ces valeurs ne cesseront jamais de se développer puisqu’elles sont inhérentes à sa nature.
Mais attention : il ne faut pas tomber dans le piège trop facile de la naïveté. Il est indéniable que la plupart des chansons rap ne portent pas un message philosophique, simplement il est important de connaître les fondements de cette culture, et le fait que ces idées sont prolongées dans le Hip Hop underground d’aujourd’hui. Ce mouvement vient de la rue, et il utilise donc forcément le langage de la rue, vulgaire et familier. Mais le fait est que derrière ces mots durs se cache le message ouvert et instruit d’une communauté qui est trop souvent jugée péjorativement. Il est temps d’en finir avec les préjugés négatifs, qui, je le répète, sont légitimes, mais pas toujours les plus justes.
Le Hip Hop n’est pas un concept superficiel et il n’est pas question ici de ventes, d’argent, de succès, ni même de chanson, mais de MESSAGE. On oublie trop souvent que cette culture est à la base une aspiration à la paix et non une course aux billets.
Pour moi, le rap est indissociable de l’éducation, son écoute nécessite une culture et une connaissance considérable, et il s’agit d’une musique qui permet de mettre certaines réflexions en application. Malheureusement, beaucoup en donnent une vision très négative. C’est dommage non seulement pour la communauté, mais également pour ces personnes car elles se privent d’une crédibilité que la connaissance de la culture hip hop et l’application de certaines règles de vie pourrait leur donner.
Il n’est pas nécessaire de connaître les textes des chansons pour suivre ces règles de vie, ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas l’anglais qu’on ne peut pas mener une réflexion positive, suivre les enseignements des « grands » ou s’instruire par soi-même. La connaissance est partout, il suffit d’ouvrir son esprit, son cœur et ses yeux. La culture existe par les passionnés, ces gens qui ont du rap dans le cœur, et elle ne s’adresse pas qu’aux anglophones. On peut être Hip Hop et ne rien comprendre à ce que dit Brother Ali. En fin de compte la compréhension n’est pas l’essentiel, c’est la façon de penser, de vivre et d’agir.
Dans mon esprit, quelqu’un de Hip Hop, c’est une personne qui - en plus d’en être passionné - respecte les autres, cherche à s’instruire - pas forcément à l’école ou dans une université - mais qui veut OUVRIR SON ESPRIT et ne s’embarrasse pas de préjugés. Je pense que c’est ce qui compte le plus, c’est ça qui fait avancer les choses et peut rendre le principe de positivité inhérent au Hip Hop. C’est une culture qui se vit, est qui ne se limite pas à un style musical, de danse etc. , c’est un principe qui s’applique tous les jours, par des actions simples tel que le respect des autres et plus particulièrement des aînés, et le partage des connaissances avec les plus jeunes. Knowledge Reigns Supreme Over Nearly Everyone…
Il est vrai que la provenance sociale conditionne le parcours scolaire, mais cela ne veut pas dire que celui qui ne va pas à l’école ne peut pas s’instruire. Le fait est que la culture ne correspond pas à un style vestimentaire ou linguistique mais bel et bien a un style de vie, qu’il ne tient qu’à nous de choisir et de suivre. « Hip Hop is something you live ».

# Posté le mardi 29 juin 2004 12:14